Mes débuts de photographe, mes luttes acharnées,
racontés dans une chevauchée schizophrène.



Le photographe peut construire une belle monographie
à partir de reportages ratés, non terminés ou non publiés.

L’écrivain peut tirer un bon récit d’une mauvaise expérience.
Les mots peuvent donner un intérêt à un sujet qui n’en a pas.

Pour ce projet, je mets les images et les mots au même niveau d’importance.

D’un côté, des photographies, une monographie, un bloc.
De l’autre, des mots, des failles, des explications, la correspondance, les coulisses, l’autofiction.

Pas de lien évident entre les deux. Les photographies sont sorties de leur contexte,
Les textes pas explicitement rattachés à des images précises.

Les photographies rassemblées définissent une approche, un univers.
    Elles révèlent ce vers quoi je dérive naturellement, même lors de mes travaux de commande.
     Elles racontent une histoire parallèle qui a forcément beaucoup à voir avec la mienne.
     Elles revisitent d’obscures archives et clament haut et fort l’importance de l’editing.
     Elles ont une deuxième chance au tirage - une deuxième chance de partir à la poubelle.
     Les survivantes sont des photographies couleur flirtant avec la monochromie.
     Le négatif est très peu interprété. Juste transposé sur papier dans son intégralité.

Les textes posés là traitent des questions existentielles du photographe :
     Peut-on survivre avec une approche traditionnelle au XXIe siècle ?
     Faut-il démystifier le travail des plus grands et inventer quelque chose de nouveau ?
     Peut-on être un photographe actuel sans courir l’actualité ?
     Comment travailler efficacement quand on a deux enfants dans deux villes différentes ?
     Pourquoi y a t-il rarement plus d’une personne sur mes images ?
     Peut-on se moquer de son sujet ?
     Qui va traduire tout ce bordel en anglais ?